Les stablecoins menacés par des projets institutionnels ?

Si les stablecoins connaissent globalement une progression remarquable, la situation pourrait devenir plus inconfortable dans un futur proche avec l’arrivée probable de concurrents institutionnels.

Une capitalisation croissante

Si le Tether (USDT) reste, en terme de capitalisation, le stablecoin le plus important avec une valeur estimée à 13,7 milliards de dollars représentant près de 80% du marché, l’USDC et le Dai connaissent une progression fulgurante. Ce boom s’explique par le fait que ce sont les deux tokens les plus utilisés dans les protocoles DeFi, notamment plébiscités pour les pools de liquidité.

Ainsi, la capitalisation de l’USDC, qui connaît des changements majeurs, est passée depuis le début de l’année de 520 millions de dollars à près de 1,85 milliards de dollars. Son volume de transactions dans le même temps a bondi de 150%. Le Dai lui a connu une progression spectaculaire de 900% pour une capitalisation beaucoup plus modeste de 465 millions de dollars.

La vogue des stablecoins suscite des convoitise

Quoi qu’il en soit, les stablecoins sont à la mode – le fondateur de Coin Metrics, Nic Carter, twittant que leur offre avait augmenté de près de 100 millions par jour depuis les 2 derniers mois – et consolident leur rôle-phare dans l’écosystème crypto. Une situation qui pourrait ne pas durer si on se fie au changement de ton des institutionnels à leur égard. Ainsi le gouverneur de la banque centrale d’Angleterre, a professé tout dernièrement un intérêt particulier pour des cryptos, indexées à une monnaie fiduciaire, réglementées. De même, le fait que les banques nationales américaines puissent désormais officiellement négocier et conserver des actifs numériques, offre la possibilité que des portes s’ouvrent pour accueillir des monnaies numériques stables et pas forcément issues de la sphère crypto.

Le marché semble trop prometteur pour ne pas attirer les convoitises de grandes sociétés privées. Visa a déjà un projet de stablecoin dans ses cartons et l’UBS Group aussi. Son Fnalty, impliquant 13 des plus grandes banques du monde et visant à proposer des versions numériques des principales devises en 2020, est en attente d’une approbation des régulateurs. Il ne faut pas non plus négliger la version revisitée de Libra qui semble aujourd’hui, lentement mais sûrement, gagner les faveurs des autorités.

Les CBDCs, principales concurrentes

Enfin et surtout, se pointent à l’horizon les fameuses CBDCs (Central Bank Digital Currency). La version numérique de monnaies souveraines qui pourraient éliminer le besoin de stablecoins. Certes, la parole officielle affiche toujours une grande prudence quant à leur réalisation, comme le montre la récente intervention de la présidente de la banque centrale européenne (BCE).

L’Eurosystème n’a jusqu’à présent pas pris de décision sur l’opportunité d’introduire un euro numérique. Mais, comme de nombreuses autres banques centrales (…) nous explorons les avantages, les risques et les défis opérationnels de le faire. »

Christine Lagarde, conférence de presse,10 sept 2020

Mais l’effervescence de plus en plus manifeste autour des versions numériques du yuan, du dollar américain, de l’euro et plus globalement d’un grand nombre de devises nationales, semble bien annoncer leur toute proche émergence.


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